Loïc Richard, de la société AirCity Diagnostic est pilote de drône. Sa dernière expérience lui vaut bien quelques papiers dans la presse spécialisée… Il sollicite les rédacteurs de l’agence et-cetera pour rédiger l’article qu’il diffusera autour de lui dans les différents médias spécialisés.

« AirCity Diagnostic, un drone palois à Tchernobyl

Depuis 2007, le projet Tchernobyl New Safe, qui consiste à confiner le dernier réacteur
de la centrale, mobilise des milliers de personnes de nationalités différentes. Le Béarnais
Loïc Richard, à la tête de la jeune société AirCity Diagnostic fait partie de celles-ci.
Début Septembre 2016, Jean Luc Marty, expert en thermographie s’est vu confier par la
société NOVARKA (coentreprise des groupes français Vinci Construction et Bouygues
Travaux Publics) la mission de vérification de la performance des joints d’étanchéité des
86 000m² des parois de l’arche de confinement, qui viendra recouvrir les restes
contaminés de la centrale nucléaire et contenir les déchets radioactifs. Il contacte alors
Loïc Richard, pilote de drones installé depuis 3 ans à Serres-Castet (64). Seul un pilote
de drone expérimenté peut intervenir sur une telle opération. « Bien que conscient de la
difficulté de la mission, j’ai tout de suite accepté ce nouveau défi », avoue Loïc Richard.

Un drone au service de Novarka

Le sarcophage de béton bâti en 1986 au-dessus du réacteur montre des points de
faiblesse ; s’il s’écroule, c’est 200 tonnes de magma hautement radioactif qui
s’envoleront à l’air libre. Une nouvelle construction est alors indispensable. Une arche
géante en acier est déjà assemblée. Comme pour tout ouvrage de cette ampleur, des
dernières vérifications sont importantes. Avant de venir déplacer la structure au-dessus
de l’ancienne chape, l’équipe en place a sollicité les deux spécialistes pour examiner
l’étanchéité des jointures de chaque faisceau métallique ; des milliers de kilomètres
linéaires au total.
L’utilisation des deux technologies que sont le drone et la caméra thermique, permet
d’effectuer des investigations sur de grandes surfaces et ainsi effectuer des audits sur
des endroits particulièrement compliqués à atteindre.

Une mission de thermographie peu ordinaire

Le plus compliqué dans cette mission n’est finalement pas le travail à proprement parlé,
bien qu’il nécessitait un vrai savoir-faire en pilotage puisque sans aucune aide satellite,
mais plus la préparation et l’environnement.
« D’abord, il a fallu référencer l’ensemble du matériel en plusieurs langues. J’ai pris
contact avec la DGE pour l’exportation du drone, des caméras, appareils photos et tout le
matériel de réparation : fer à souder, carte électronique en double, etc. » La Chambre de
Commerces et de l’Industrie Pau Pyrénées l’a également accompagné dans la mise en
place d’un carnet ATA (Admission Temporaire/ Temporary Admission) qui facilite les
échanges internationaux en simplifiant les formalités douanières tout en réduisant le coût
des opérations. « Pour l’anecdote, je n’ai pas eu l’autorisation pour des raisons de
sécurité aériennes de transporter mes batteries. Dès mon arrivée, il m’a fallu trouver un
fournisseur ukrainien pour m’en procurer. Malheureusement, les normes étant
différentes, j’ai également dû les adapter afin qu’elles puissent alimenter le drone »,
sourit Loïc encore animé par l’expérience qu’il a vécue cet automne. Une fois les services
de douanes ukrainiens traversés, il nous a fallu passé différents examens médicaux
obligatoires, suivre des formations aux risques nucléaires, à la radioactivité et à
l’utilisation du dosimètre. Tout cela nécessitait un interprète en permanence.

Outre les péripéties liées aux caractéristiques du lieu, cette mission a permis à
l’entreprise béarnaise de montrer son savoir-faire : le pilotage du drone à plus de 125
mètres de haut se faisant à l’intérieur de la construction ne permettait aucune aide
satellite.
De cette mission à Tchernobyl, Loïc Richard gardera le souvenir d’une expérience riche,
qu’il ne manquera pas de faire profiter aux élèves de son centre de formation, emportant
la TPE béarnaise AirCity Diagnostic, dirigée depuis 3 ans par Loïc Richard et Richard
Verbiale sur des terrains inattendus.
Lui, que l’on voit habituellement aux abords des réseaux de transports de fluides ou de
gaz, aux pieds des lignes hautes tension pour les inspecter ou bien encore piloter son
drone pour la photogrammétrie servant à reproduire des modèles 3D géolocalisés, fera
grâce à cette nouvelle expérience, très certainement parler de lui plus loin que le Sud-
Ouest.